Conte de Noël (4/5)
La vie continuait, les combats aussi... L’oncle Paul, frère d’Odile, venait chaque jour passer quelques instants avec les femmes et les enfants et ramenait non seulement des nouvelles fraîches mais aussi le ravitaillement.
Le 22 au matin son regard était plus sombre que d’habitude : "on va nous évacuer... il faut partir, le village va être rasé. Je viens de croiser le père Gully il m’en a informé... le pauvre a dû abattre son cheval blessé et les deux seules vaches qui lui restaient gisent écrasées sous les décombres."
"Il n’en est pas question, s’écria Odile, je reste dans ma maison ".
Antoine et Marie, surpris d’entendre leur grand-mère élever la voix arrêtèrent de se taquiner. Cet éclat était plus bouleversant pour eux que tous les fracas de la guerre.
Marthe s’approcha de l’arbre de Noël, en toucha la pointe garnie d’une étoile sauvée des dernières canonnades, regarda son oncle et, calmement, lui dit : "nous ne partirons pas".
Le vieil homme eut un sourire, hocha la tête et affirma qu’il n’en attendait pas moins d’elles et qu’il allait faire pareil.
Ils sont restés, comme d’autres villageois, non pas contre vents et marées, mais contre intimidation , massacre et dévastation.
Ils ont eu raison, car...

(photo R.Hirlemann)
bon dimanche à tous !
15 Comments:
hello !! un petit coucou d'avant noël , je lis tous les jours ton histoire... bon dimanche bizz
plus qu'un épisode à venir mais je vais restée sage jusqu'à demain.Que ton dimanche soit doux.
moi aussi, je reste sage, d'autant olus que je m'attends au pire, du moins autour de la famille - je retiens mon souffle
Je tremble pour eux....à demain.
J'attends la petite dernière, la 5/5, que je recevrai comme le disent les radios militaires : cinq sur cinq.
Souvenirs souvenirs, ça me rajeunis de 62 ans.
"La guerre : ne jamais oublier pour ne jamais recommencer à s'y laisser entraînber !"
Bonjour Marie.
Voilà un Noël sous les décombres qui s'annonce bien trisounet.
Les oranges risquent d'être amères.
(s'il y a des oranges).
la suite Marie, la suiiiiiiite!!!!
Bon dimanche Marie.
Je t'embrasse.
Alors... Moi, je ne reste pas sage et je dis... «Car...» Car? Car?
«Ils ont eu raison», dis-tu aussi...
Je souhaite la suite mais je ne la veux pas puisque définitive... :)
car ???? surprise ! comme celles de Noël, fête de l'amour et de l'espoir... mais je ne dis rien de plus...
ton histoire que je suis depuis le début ravive des souvenirs, des récits de mon père, de mon grand'père et chaque fois que je vais au Struthof une émotion sans borne m'étreint...
bon dimanche Mariel à mardi après le dénouement heureux j'espère de ce conte de Noël...
bisous tendres...
Quand la vie est mal contée, rien ne vaut UN JOLI CONTE pour moins compter les jours.
je continue à lire.. jusqu'à la fin ! Bon dimanche et à demain..
J'attends sagement le dernier épisode.Merci, Marie
ls ont eu raison, car... ben à demain Mariel !
St Paul prisonnier dans son épître aux pilippiens persécutés leur dit : Allez dans la joie. Ce qui peut-être étonnant vu le contexte. Mais dans les temps où les plaisirs sont rares,où le bonheur paraît gravement compromis, reste la joie aux hommes, la joie latente ou épanouie, la joie malgré tout, comme apanage inaliénable de l'humanité, c'est ce que je ressens dans ce texte tragique.
A demain...
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