Conte de Noël (3/5)
Sa mère Odile, vaillante octogénaire, n’était pas restée inactive et avait préparé en cachette des cadeaux pour Antoine et Marie ses petits-enfants. Il était prévu pour Antoine, 6 ans à peine, un jeu de l’oie qu’elle avait reproduit sur un carton, pour Marie, 8 ans, une poupée en chiffons.
Odile occupait ainsi ses mains, espérant oublier son chagrin. Son gendre Albert au front, des petis-enfants privés de beaucoup mais non de l’essentiel, une fille courageuse certes mais préoccupée d’améliorer le quotidien, et surtout... une autre fille, sa cadette, Elisabeth, arrachée d’ici vers là-bas... Ils l’avaient emmenée comme une paria tout simplement parce qu’elle avait crié haut et fort son attachement à sa France natale, là-bas au Struthof, unique camp d’extermination implanté sur le territoire national. Il avait bien été libéré fin novembre par les troupes alliées, mais il était vide à ce moment là ... et aucune nouvelle d’Elisabeth.
Pendant les quelques jours précédant Noël, Marthe et Odile continuaient à imaginer et à créer ce petit plus qui allait apporter un semblant de paix , un peu de bonheur, un instant sucré, un moment de répit. Antoine et Marie s’occupaient, se chamaillaient, se réconciliaient, avec la douce insouciance que l’on pouvait accorder à leur jeune âge... (à suivre)

Le camp du Struthof, un lieu de mémoire de la déportation unique en France et qu'il faut préserver dans les mémoires
bon début de week-end à tous
12 Comments:
je suis d'accord avec toi, surtout ne rien oublier de ces temps-là où l'homme violentait l'homme... jolie suite.
Que ta journée soit douce...
Muse a raison de dire qu'il ne faut pas oublier cette période sombre de l'histoire de l'humanité.
Passe un paisible w/e.
merci pour ton gentil com. et ton bel article ...
bon w-end mariel
et il n'a pas été oublié - les camps de transit du midi ont été effacés de la carte, y compris un qui a servi pour les harkis.
Pensons y, mais aussi aux poupées de chiffons
J'attends la suite avec impatience. Jolie et très émouvante histoire...
Et la suite, Mariiiiiiie, la suite.
Très belle illustration de ce camp perdu dans la nature.............., mais pas dans nos mémoires.
je t'embrasse, Marie.
A demain
Je suis avec toi dans ton conte et n'oublie pas les horreurs des guerres, de toutes les guerres et de tous les génocides.
Je te souhaite un très bon we.
J'ai visité il y a quelques années Le camp du Struthof, j' en garde un souvenir boulversant.
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Terribles événements, lointains, pour nous, de l'autre côté... Mais même si l'implication fut, vous restez marqués par ces jours de guerre et les événements qui ont ravagé ces terribles années sont gravés dans la mémoire collective...
À mon ancien travail, j'avais une compagne originaire de Provence qui me disait que dans sa famille, ils ne parlaient pas de ces événements. Jamais. Des absents, aussi, hantent leur présent. Tout cela est si délicat... Il faut se souvenir de toutes les guerres. L'Histoire n'enseigne pas assez, il semble...
Merci Marie. Pour tous ces mots. Pour nous...
Encore !
Tu as raison, il ne faut pas oublier.
Tendre et émouvante cette histoire.
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